Hommage à Julien Lahaut, président du PCB assassiné le 18 août 1950. Discours du Sec Pol J. Hannotte




Chères amies, chers amis, chères et chers camarades,

72 ans après son assassinat le 18 août 1950, le Parti Communiste continue à rendre hommage à son Président Julien Lahaut, militant communiste infatigable, discipliné, dévoué et fidèle au prolétariat, syndicaliste et antifasciste. Aujourd’hui, nous nous rappelons sa vie, ses combats pour poursuivre la lutte contre l’exploitation, pour l’amélioration de nos conditions sciales, pour le socialisme et la paix. Derrière Julien Lahaut, ce sont les masses et son parti auquel nous rendons hommage ; la vie de Julien Lahaut coïncide en grande partie avec les premières années du Parti Communiste.

Julien Lahaut est né en 1884 dans une période de crise du capitalisme – crises dont la fréquence s’est accélérée depuis le début de la crise générale dans les années 1970. Durant cette période, la conscience de classe s’aiguisa y compris celle de Julien Lahaut qui « jouait à la grève » et on vit naître les premières organisations ouvrières. Entré à l’usine, très jeune, Julien Lahaut se fit remarquer plusieurs fois pour l’agitation qu’il menait pour la défense des intérêts de sa classe. Et plusieurs fois, il fut licencié et condamné pour activité syndicale. Son père aussi connut le licenciement et fut à mis à l’index l’empêchant de retrouver un emploi.

C’est là, camarades, le premier pan de Julien Lahaut que nous voulons mettre en avant et en tirer des leçons pour aujourd’hui. Car les patrons n’ont pas changé, les patrons sont des méchants pour reprendre les termes du calicot élevé ici à Seraing à l’occasion de la grande grève d’Ougrée-Marihaye en 1921. Cette mise à l’index du père de Julien Lahaut, c’est ce qui menace le camarade de Fernelmont à l’usine Delsart qui a refusé l’installation de la délégation et licencié le délégué élu par les travailleurs il y a un mois.

Camarades, beaucoup font le lien avec le 19e siècle, ce n’est que trop juste. En réalité, il s’agit de la lutte des classes impitoyable avec d’un côté les exploiteurs qui cherchent toujours à augmenter notre taux d’exploitation pour augmenter leurs profits, et de l’autre les exploités, nous, qui avons des intérêts diamétralement opposés. Un exemple très récent : la déclaration du Baron Timmermans de la FEB qui préconise de supprimer l'indexation automatique des salaires, ce qui revient à une baisse de nos salaires alors que nous subissons une terrible inflation, forme de recuperation de la crise par les capitalistes. Baisser les salaires, c'est un des moyens employés par le patronat pour maintenir son taux de profit.

Revenons un instant sur la grève d’Ougrée-Marihaye qui nous apprend beaucoup à plusieurs égards. Grève historique de 9 mois, elle est menée pour résister aux offensives patronales en période de récession et d’augmentation du chômage. Le POB, ancêtre du PS, s’accroche au gouvernement. La grève et son leader Julien Lahaut gênent. Au bout de 7 mois, les directions syndicales réformistes proposent la reprise. La grève est sabotée par les réformistes Bondas et Delvigne qui défendent le partenariat social, en d’autres termes, la collaboration de classe et demandent l’exclusion de Julien Lahaut mais les grévistes tiennent héroiquement encore deux mois malgré la répression qui s’intensifie. Julien Lahaut est arrêté après qu’un provocateur armé ne vienne au piquet. On se souviendra qu’après cette grève, les socio-démocrates avaient interdit l’accès à la Maison du Peuple à Julien Lahaut.

Camarades, un autre point important, c’est évidemment la solidarité internationale. Ayant lui-même été condamné à plusieurs reprises pour activité syndicale, Julien était conscient de la nécessité de se solidariser avec tous les travailleurs et les syndicalistes en lutte dans le monde qui subissent la répression sauvage du capital. Ainsi il tint plusieurs meetings en solidarité avec des syndicalistes japonais menacés d’exécution.

Cette conscience, camarades, nous la portons encore. Nous nous solidarisons avec les travailleurs et les délégués du secteur de la logistique en Italie parce que la répression qui a frappé les camarades là se passera ici si nous n’y prenons garde.

Camarades, si les monopoles n’ont pas de frontière, notre solidarité non plus !

Depuis 2020, nous alertons et appelions à la solidarité avec les travailleurs de Fedex qui mènent une lutte exemplaire contre le monopole étasunien qui compte sur le soutien des autorités, de jaunes, et de milices privées. À plusieurs reprises, des escadrons sont venus briser les piquets et frapper nos camarades sous les yeux des caribinieri qui n’ont pas levé le petit pouce et au contraire ont arrêté les leaders grévistes. Le mois dernier, ce n’est pas un hasard si ce sont les camarades de l’USB, affiliée à la Fédération Syndicale Mondiale, et de Si.COBAS, organisations syndicales de classe qui ont de nouveau été menacés par la justice italienne tout comme ici de nombreux camarades de la FGTB, de Bruno Verlaeckt, président de la FGTB Anvers aux 14 syndicalistes de Cheratte en passant par le camarade la CGSP de Lantin et bien d’autres, ont été condamnés par la justice de classe.

L’objectif du patronat c’est de casser la grève, à n’importe quel prix, y compris la mort : on se souviendra du camarade Adil tué par un chauffeur jaune à Fedex. Nous ne sommes pas des criminels, c’est le système qui l’est.

Ce n’est pas un hasard que la cible du patronat et de l’État bourgeois soit les organisations qui organisent la lutte dans une perspective classe contre classe.

Toccano uno, toccano tutti, s’ils touchent à l’un d’entre nous, ils nous touchent tous, car nous sommes une seule et même classe, celles des exploités. Lors du dernier congrès de la FGTB, le président Thierry Bodson a déclaré qu’il y aurait un jour de grève générale à chaque fois qu’un camarade sera de nouveau attaqué. Et bien camarades, nous serons là !

Comme nous serons le 25 septembre prochain à la manifestation contre l’extension de Liège Airport. Si la manifestation pointe surtout la venue et la présence d’Alibaba géant chinois de la logistique, nous irons pour exprimer une nouvelle fois notre solidarité avec les travailleurs de Fedex car nous n’avons pas à choisir un monopole ou un autre dans la concurrence qu’ils se mènent au détriment des travailleurs.

Notre rôle est de stimuler, d’étendre, d’amplifier la lutte, élargir à d’autres secteurs, rechercher les convergences. Poursuivre la lutte ne jamais abandonner, camarades. Cet autre mot d’ordre de Julien Lahaut et du Parti, il est toujours le nôtre, contre le défaitisme social-démocrate.

Lors de la grande grève de 1932, le Parti Communiste avec Julien Lahaut et Joseph Jacquemotte pousse à la lutte, poussent les travailleurs à ne pas accepter les baisses de salaires prévues par le patronat mais à lutter pour l’augmentation, ce que finalement les mineurs obtiennent : au lieu d’une diminution de 5%, ils gagnent 1%. C’est une leçon importante pour nous camarades alors que se profilent déjà l’AIP, les accords interprofessionnels. Ce n’est que par la lutte que nous obtiendrons des victoires.

Étendre la lutte, comme en 36, dans l’unité de la classe ouvrière. Cette année-là , en juin, 10000 dockers anversois partent en grève suivis par les ouvriers diamantaires et Julien Lahaut appelle à l’extension de la grève avec succès : conquête des congés payés, augmentation des salaires et principe des quarante heures.

Étendre la lutte aux autres secteurs dans l’intérêt de tous les travailleurs, c’est ce qui a manqué chez Fedex précisément alors que la logistique occupe une part importante toujours plus de l’économie belge, ou encore chez Luminus à la centrale TGV de Seraing. Une lutte héroïque pendant près de 40 jours qui aurait mérité davantage de soutien alors que la question énergétique et les coûts sont au centre des préoccupations de la classe des travailleurs, des ménages...

Étendre la lutte pour la peur change de camp, pour que nous n’ayons plus peur des fins de mois camarades.

Appeler à la solidarité, camarades, comme nous l’avons fait avec les travailleurs de l'usine LARCO en Grèce, qui ont mené des grèves et un dur combat et qui ont obtenu gain de cause après une lutte qu'ils ont menée pendant 30 mois avec beaucoup de courage, de combativité, de détermination mais aussi énormément de solidarité de toute la Grèce et au niveau international, y compris en Belgique où le PCB a pris ses responsabilités. La fermeture de l'usine de production et tous les licenciements décidés par le gouvernement ont été annulé. Tous les postes de travail tant pour les salariés, les intérimaires ou les petits indépendants sont sauvés. L'usine continuera sa production.

C'est une incroyable Victoire, camarades qui doit inspirer bien des travailleurs en Belgique, en Europe ou par le monde. La lutte des travailleurs de Larco est exemplaire, elle a été acharnée et a connu des tentatives de division, du défaitisme mais l'unité et la résistance ont gagné. Ce n’est pas un hasard si le dirigeant syndical de la grève est membre du syndicat Pame et membre du Comité central du Parti Communiste grec - le KKE qui lutte contre le gouvernement grec et la Commission Européenne.

Suivre également l’exemple des travailleurs britanniques avec qui nous exprimons notre solidarité. Leur lutte s’étend du rail à amazon.

Ce n’est pas innocent, camarades, si c’est cet été que le gouvernement britannique a passé une loi permettant aux entreprises d’engager des jaunes pour enrayer notre arme qu’est la grève. Engager des jaunes était une infraction pénale, c’est désormais un droit pour les patrons. Cet exemple est instructif à plus d’un titre : ainsi, quitter l’UE n’a pas mis fin au régime bourgeois au Royaume-Uni et aux lois antipopulaires et antiouvrières. Quitter l’UE, comme étape, sans renversement du capitalisme est une impasse. Notre ennemi, camarades, c’est le capitalisme dont l’UE est un des instruments.

Comment faire ? Que faire dans notre travail syndical ?

Là encore camarades, le travail de Julien Lahaut est un point d’appui, un sujet d’étude. Il a toujours œuvré à l’unité des travailleurs, de notre classe, à la base et s’est opposé aux directions capitulardes au sein des commissions syndicales du POB avant d’en être exclu. Il fonda ensuite les chevaliers du travail à Seraing, organisation syndicale affiliée à l’internationale syndicale rouge, aussi appelée Profintern, et véritable coordination internationale.

Renforcer les courants de classe, connaître son histoire.

Notre rôle, en tant que communistes et syndicalistes, camarades, c’est de renforcer le courant syndical de classe, de relayer partout quand c’est possible les positions de la Fédération syndicale mondiale, d’orienter la lutte. Notre rôle est de pousser à l’adhésion à la FSM non pour le simple d’y être mais pour renforcer la lutte.

Ça ne pourra se faire qu’en travaillant au quotidien dans les syndicats, avec les travailleurs, de construire l’unité à la base dans une perspective révolutionnaire. Le réformisme ne mourra pas seul. Il faut démontrer et démonter leurs arguments. Camarades, il faut défendre comme Julien Lahaut au parlement une réduction des armements pour investir dans le social.

En octobre 2018, le gouvernement fédéral sous Charles Michel a acheté du matériel militaire pour l'armée belge pour un montant de 9,3 milliards d’euros : 2 frégates, des chasseurs de mines, 450 véhicules blindés, des drones, etc. mais surtout 34 avions de combat F-35 d’une valeur de plus de 4 milliards d’euros. Il est important à souligner que sur la totalité de leur durée de vie, ces avions coûteront 12,5 milliards d'euros aux contribuables belges et que chaque heure de vol se chiffre à 40.000 euros. En parallèle, ce gouvernement Michel avait décidé une réduction de 3,8 milliards d’euros dans les soins de santé dont nous avons observé et subi les effets catastrophiques pendant la pandémie.

Nous devons imposer nos revendications comme celle de l’abandon du budget pour la guerre impérialiste à la bourgeoisie et nous savons qu'elle ne nous donnera pas ce que nous voulons parce que nos intérêts sont fondamentalement opposés. Nous devons montrer, camarades, que les revendications minimales doivent être menées et portées dans une lutte plus large pour le renversement de l'ordre pourri actuel. C'est la crainte de la révolution qui pousse la bourgeoisie à céder des droits comme le suffrage universel en 1918, ou la sécurité sociale en 1945.

Nous devons être offensifs. Faire des grèves économiques des grèves politiques et organiser la lutte autour de revendications centrales comme la réduction collective du temps de travail, avec embauches compensatoires et sans perte de salaire, la récupération de toutes les réductions de cotisations sociales, c’est-à-dire nos salaires, offertes au patronat, et enfin une gestion de la sécurité à 100% par et pour la classe ouvrière.

C’était déjà dans cet esprit, camarades, que Julien Lahaut combattait les caisses ô robètes, les caisses d’aide mutuelle créées par le patronat, et c’est dans cette perspective que nous nous opposons aujourd’hui à la fiscalisation de la sécurité sociale, à la réforme du ministre van Peteghem qui veut augmenter la TVA, que nous opposons à la réforme des pensions qui attaquent un peu plus la sécu.

Nous disions, camarades, connaître notre histoire. Il est important de rappeler que la FGTB est issue au sortir de la 2e guerre mondiale de la fusion de trois orientations dont les comités de lutte syndicale, organisations syndicales clandestines liée au parti communiste. Ne l’oublions pas !

Julien Lahaut antifasciste.

Être antifasciste nécessite une discipline de tous les instants tout comme Julien Lahaut l'était. Cela passe encore et toujours par un travail à la base et par la poursuite avec le front antifasciste de la tradition initiée par Julien Lahaut, les métallos et les mineurs en 24 face à la légion de Hoornaert : les fascistes ne parleront pas en public. En 41, ils étaient 7000 pour empêcher Degrelle de parler. Ça n'empêche pas d'être davantage vigilant, de ne pas les laisser nous embarquer sur leur terrain, de ne pas les laisser nous embarquer dans un combat entre les deux « extrêmes » qui sert in fine la défense de la démocratie bourgeoise.

Les fascistes c'est le bras armé du capitalisme en crise, l'état fasciste c'est la dictature ouverte du capital quand les politiques libérales et socio-démocrates ne sont même plus capables de répondre aux besoins minimaux des travailleurs.

Le fascisme c'est la division de notre classe en rejetant la faute de la crise sur les travailleurs privés d’emplois, travailleurs immigrés et non contre les seuls et vrais responsables, la bourgeoisie. Rappelons camarades, qu’en 1938, Julien Lahaut mena plusieurs campagnes en défense des immigrés, principalement antifascistes.

Le fascisme, c’est le gouvernement des monopoles dans sa forme la plus réactionnaire. Après la grève victorieuse des 100000 menée sous l’occupation par Julien Lahaut, le journal clandestin du parti montrait bien la chaîne de commandement : les collabos (UTMI, léopoldistes, rexistes) étaient les sous-chefs de Reeder, chef de l’occupation allemande en Belgique et lui-même sous-chef de Krupp-Liemens-Goering, représentants du grand capital allemand.

C'est bien le capitalisme notre ennemi dont le fascisme est l'expression la plus barbare. Ces dernières années, durant la pandémie, nous avons connu un renforcement autoritaire de l’État bourgeois pour se maintenir face à la décomposition de la société capitaliste.

Être vigilant pour un antifasciste, c’est aussi démasquer et combattre les tentatives de révisionnisme historique et de réhabilitation des fascistes par la réaction et ses chiens de garde. Ainsi le Figaro essaie-t-il d'affirmer que c'est la gauche qui est responsable de la guerre d'Espagne. Nous réaffirmons avec fierté que le parti communiste a soutenu l’Espagne républicaine et la guerre nationale révolutionnaire. Nous rappelons les mises en garde de Julien Lahaut dans ses meetings « Après Madrid, ce sera Prague, après Prague, ce sera Bruxelles. » en référence à la nécessité de combattre le fascisme dès qu’il pointe le bout de son nez mais aussi de dénoncer les capitulations des démocraties bourgeoises occidentales tant en Espagne que lors des accords de Munich qui livrèrent la Tchécoslovaquie à l’Allemagne nazie. Enfin, camarades, il faut rappeler que cette solidarité antifasciste avec l’Espagne n’était pas que des mots mais elle était concrète : le Parti et Julien Lahaut encouragèrent les volontaires des brigades internationales et lui-même, participa à l’effort en accueillant des enfants de républicains chez lui.

Julien Lahaut révolutionnaire !

Julien Lahaut a connu les révolutions russes alors qu’il était sur le front de l’est, dans l’Ukraine actuelle, avec les auto-canons-mitrailleuses belges. Au même moment, Vandervelde, De Man et de Brouckère exhortaient les soldats de l’Empire russe à poursuivre la guerre impérialiste dans la ligne social-chauvine de la 2e internationale critiquée par Lénine.

Julien Lahaut avait ainsi déjà observé les dangers du nationalisme quand les nationalistes ukrainiens combattaient les soviets. On rappellera que Poutine, dans une rhétorique anticommuniste et nationaliste grand-russe pour justifier l’invasion de l’Ukraine que nous condamnons, a attaqué Lénine accusé d’avoir créé l’Ukraine.

Camarades, il faut ici rappeler que Julien Lahaut n’a pas rejoint le parti communiste directement à sa fondation en 1921, même s’il défendait déjà les positions de la 3e Internationale et les thèses de Lénine. Ce n’est en effet qu’en 1923, une nouvelle fois après une répression qui l’amena au tribunal et à passer 7 semaines en prison, avec les dirigeants du PCB pour un prétendu complot, qu’il adhéra au Parti Communiste. Les communistes étaient en effet opposés à l’occupation de la Ruhr, importante région industrielle et minière, compensation après la 1e guerre mondiale. En réalité, nous étions opposés à la défense des intérêts impérialistes belges et français dans la Ruhr. Nous étions du côté des travailleurs allemands dans leur révolution contre leur gouvernement, et notre moyen c'était de nous opposer à notre propre impérialisme.

Aujourd'hui nous sommes confrontés à une nouvelle guerre interimpérialiste, résultat de l'aiguisement des contradictions entre le bloc euro-atlantique et la Russie, de la restauration du capitalisme et de la défaite temporaire du socialisme en Union soviétique qui a vu la montée des nationalismes et la multiplication des guerres dans la région (Abkhazie, Nagorny Karabakh, Tchétchénie..) alors que les populations des républiques soviétiques ont vécu dans la paix et l'amitié entre les peuples pendant 70 ans.

Ainsi, tous les peuples ont à perdre dans cette guerre : russe, ukrainien mais aussi en Europe comme on l’a vu au Port d’Anvers où des travailleurs se sont retrouvés au chômage technique suite aux sanctions contre leur entreprise russe, ou encore à Liège où l’hypothèse de la reprise de Liberty Steel par NLMK, entreprise russe, est également impossible en raison des sanctions

S’il y a bien une pyramide impérialiste au sommet de laquelle se trouve l’impérialisme US, nous n’avons rien à gagner à choisir entre l’un ou l’autre impérialisme, russe, belge, européen, euroatlantique, pas plus que nous n’avons à gagner entre un impérialisme hégémonique ou un monde multipolaire qui reste l’expression de la barbarie capitaliste. L’attaque/agression russe aura permis au bloc euroatlantique de se consolider et se réunifier, même si provisoirement...

Nous devons au contraire soutenir les peuples ukrainiens et russe et leur avant-garde révolutionnaire dans le leur lutte contre leur propre bourgeoisie tout comme notre tâche principale est de mener la lutte ici contre notre propre impérialisme, notre propre bourgeoisie, cela signifie contre l’impérialisme belge qui hier assassinait Julien Lahaut (on rappellera que les commanditaires du réseau anticommuniste étaient la brufina et l’Union minière) et qui aujourd’hui, envoie des armes à l’Ukraine et stationne aux frontières de la Russie. Cela signifie lutter contre l’union européenne et les USA-OTAN. Il ne s’agit pas seulement d’appeler à l’arrêt de l’expansion de l’OTAN mais au retrait de la Belgique de cette organisation criminelle. Nous devons nous battre en priorité contre notre propre impérialisme et propager l'alternative socialiste, seule garante d'une paix durable dans nos pays.

Pas un seul sou, pas une arme, pas un soldat pour la guerre impérialiste ! Belgique hors de l’OTAN, OTAN hors de Belgique ! Voilà le mot d’ordre que nous devons propager, diffuser, camarades !

Pour la paix !

Il convient de rappeler le combat de Julien Lahaut pour la paix. Quelques mois avant son assassinat, il signait l’appel de Stockholm contre l’arme nucléaire. Ce combat nous le portons encore. 77 ans après le crime contre l’humanité à Hiroshima et à Nagasaki, les armes nucléaires continuent de proliférer – les stocks ont augmenté de 240 unités en un an passant de 9380 à 9620 - il existe toujours une base nucléaire des USA enclavée sur le territoire de Belgique à Kleine Brogel, où 12 nouvelles bombes B61-12 arrivent pour alimenter les F35. Avec la guerre en Ukraine, la menace nucléaire est devenue beaucoup plus inquiétante, elle entre dans le domaine du possible proche !

À ce jour, le gouvernement belge n’a toujours ni signé ni ratifié le TIAN (Traité des Nations unies sur l’Interdiction des Armes Nucléaires) entré en vigueur en 2021 et malgré que plus de 77% de la population belge le demande. La Belgique a fait un premier pas en participant comme pays observateur avec plus de 100 pays à la première conférence du TIAN sous l’égide de l’ONU à Vienne du 21 au 23 juin 2022 pour le désarmement nucléaire multilatéral mais elle n'entend toujours pas adhérer au traité d'interdiction de l'arme atomique adopté en 2017.

On se rend compte camarades que ces combats pour la paix et le désarmement sont de la plus haute importance mais sont insuffisants si on n’y associe pas la lutte pour le socialisme.

Enfin, chaque année, camarades, on ne peut manquer de rappeler qu’aujourd’hui l’interruption volontaire de grossesse, ce droit élémentaire des femmes de disposer de leurs corps est chaque fois remis en cause par la réaction en basant sur des fondements religieux, notamment aux États-Unis, Julien Lahaut à son époque, aidait ses camarades féminines à éviter les grossesses non-désirées, ce qui lui valut d’être emprisonné en 1913.

Camarades, la vie de Julien Lahaut est riche d’instruction et il y aurait encore tant à dire. Nous sommes fiers de notre histoire, nous sommes fiers d’être les héritiers de Julien Lahaut et continuons fermement ses combats. Pour la création d’un front à la base anticapitaliste, antiimpérialiste et antifasciste, pour le socialisme et la paix.

Vive Julien Lahaut, vive le Parti Communiste de Belgique

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