Le Parti Communiste a 100 ans

Les 3 et 4 septembre à Anderlecht s’est tenu le Congrès de fondation du Parti Communiste de Belgique. Ils sont 517 à participer à cette fondation. Le Congrès rassemblait d’un côté le premier parti Communiste de Belgique fondé le 1er novembre 1920 par le groupe de l'Ouvrier Communiste, conduit par War van Overstraeten et Paul Nougé, qui avait déjà participé au IIe Congrès de l'IC (juillet-août 1920) et de l’autre le groupe « des amis de l’exploité » autour de Joseph Jacquemotte qui avait été exclu du Parti Ouvrier Belge. L’exploité était devenu l’organe de l’opposition de gauche au sein du POB avec une ligne politique cohérente : fin de l’union sacrée, reprise de la lutte des classes, retrait des ministres socialistes, conquêtes politiques et sociales par la lutte, c’est-à-dire la grève, adhésion du POB à la IIIe Internationale. Cette tendance se structure dans des groupes locaux et régionaux des « Amis de L’Exploité », fédérés au niveau national le 21 juillet 1920. Jacquemotte, membre du bureau du Conseil général du POB, peut compter sur un fort soutien à Bruxelles. Certains votes dans les congrès nationaux indiquent alors une adhésion de 20 % des voix à ses idées. La direction du POB prend peur et réunit un congrès restreint les 11 et 12 décembre 1920 pour « rétablir la discipline » et réclamer la dissolution des groupes des Amis de l’Exploité. Le 27 février 1921, le IIe congrès des Amis de l’Exploité constate l’impossibilité de transformer le POB en parti révolutionnaire mais veut continuer d’y militer tout en adhérant moralement au communisme. Le 29 mai 1921, le IIIe Congrès des Amis de l'Exploité acte, par 751voix, l'exclusion des révolutionnaires du POB et fonde un deuxième parti communiste belge.

L’Internationale (IC) ne voulait pas reconnaître deux partis de la classe ouvrière en Belgique et exigea la fusion des deux groupes. L’IC joua un grand rôle en mandatant son délégué, le suisse Jules Humbert-Droz au Congrès de fondation/fusion du PCB qui devenait ainsi la SBIC (Section Belge de l’Internationale Communiste).

L’article 1er des statuts du Parti Communiste Unifié déclarait : “le Parti Communiste Unifié est constitué dans le but de réunir tous les travailleurs du pays, qui acceptent et veulent pratiquer le programme d’action de l’Internationale Communiste”. Malgré que le Komintern ait cessé d’exister, nous poursuivons cent ans après les mêmes objectifs, nous continuons la lutte pour la révolution et le socialisme.

Tout au long de cette année, nous avons rendu hommage, mis en avant plusieurs personnalités, membres du Parti qui ont contribué à le développer, à le renforcer. Notre riche et glorieuse histoire ne fut pas toujours une longue ligne droite mais nous avons toujours été du côté des travailleurs, nous avons toujours développé l’internationalisme prolétarien. Et le Parti Communiste a payé un lourd tribut dans les luttes et a toujours été considéré par la bourgeoisie comme son ennemi principal. Qu’on pense aux tentatives de condamner les dirigeants du PCB en 1923 pour un prétendu grand complot parce que nous nous opposions à l’occupation de la Ruhr et exprimions notre solidarité Internationale avec le mouvement révolutionnaire allemand. Qu’on pense au soutien au Rif qui s’opposait à la colonisation espagnole et puis française. Qu’on pense aux grèves de 1932, de 1936, à la lutte antifasciste. Qu’on pense au soutien à la République espagnole, par l’envoi de brigadistes internationaux, par l’accueil des niños de la guerra, par l’envoi de vivres. Qu’on pense à la Grève des 100000 pendant la guerre – il fallait oser la grève sous l’occupation. Qu’on pense à tous les martyrs de la Résistance armée et intellectuelle (publication du faux soir), de la classe Ouvrière. Le PCB avait organisé la Résistance avec le Front de l’Indépendance. Nous sommes le parti des fusillés. On n’oublie pas que notre Président, Julien Lahaut, héros de la classe ouvrière, rescapé des camps a été assassiné en pleine question royale. Il y eut les luttes que le PCB a mené aux côtés des travailleurs dans les mines, dans la sidérurgie, dans le secteur automobile, dans l’enseignement, des années 50 à aujourd’hui. Il y eut le rôle important du PCB lors des grèves de 1960-61 contre la loi unique. On ne peut pas ne pas parler de la lutte des femmes-machines à la FN Herstal et du rôle de Suzanne Grégoire et Germaine Martens pour « à travail égal, salaire égal ». On se doit aussi de mentionner la lutte incarnée par Willy Peers pour le droit à l’Interruption volontaire de grossesse.

D’un point de vue culturel, le Parti n’est pas en reste non plus : il a contribué à l’essor de la littérature prolétarienne. Associant la révolution dans l’art à la révolution sociale, plusieurs artistes surréalistes se sont engagés au parti Communiste comme Achille Chavée ou René Magritte. Jean Fonteyne qui avait participé au tournage de « Misère au Borinage » avec Henri Storck, a créé l’Association Révolutionnaire Culturelle. Roger Somville et Louis Deltour, tous deux membres du PCB se sont illustrés avec Edmond Dubrunfaut et le groupe Forces Murales. Un peintre et imagier populaire comme Wilchar a souvent collaboré avec le Parti Communiste Le PCB avait sa propre sa société de distribution cinématographique, « progrès films ». Enfin, des caricaturistes de talent comme Diluck contribuaient à la presse du Parti.

On ne cache pas que le Parti a connu un certain déclin en raison d’une orientation réformiste, électoraliste, eurocommuniste, régionaliste clairement assumée à partir des années 70 ; un réformisme et un opportunisme qui gangrenait le parti avec lesquels nous avons clairement rompu lors de notre 36e Congrès en tentant de revenir aux fondamentaux de 1921.

Le PCB, fidèle à l’internationalisme prolétarien, a toujours contribué à renforcer la solidarité internationale, à militer pour la paix, a soutenu les luttes de libération nationale, de la Palestine au Vietnam et bien sûr au Congo. Nous avons soutenu nos camarades du Chili victimes du Coup d’État organisé par Pinochet et les USA.

Le PCB porte haut le drapeau du communisme et lutte contre les tentatives de révision historique. Il a manifesté devant la Parlement Européen pour s'opposer à la motion anticommuniste du Parlement Européen. Il porte toujours son soutien aux partis communistes victimes de la répression comme en Pologne ou en Slovaquie.

On n’oublie pas les personnalités de notre Parti : Julien Lahaut, Joseph Jacquemotte, Suzanne Grégoire, Germaine Martens, Raoul Baligand, Jean Fonteyne, Bob Claessens, le dessinateur Diluck, Achille Chavée, René Magritte, Yvonne Jospa, Albert de Coninck, Louis van Brussel, Georges van den Boom, Xavier Relecom, Jurgita Smolski, Edward Gierek qui fut Président de la Pologne Populaire… et bien d’autres encore.

Nous n'oublierons jamais notre histoire et la défendrons. Nous poursuivons la glorieuse histoire du PCB.

100 ans d’histoire qui sont difficiles à résumer, et un avenir. Le Parti a un avenir, l’avenir a un parti.

Pour le socialisme! À bas le capitalisme, à bas l'impérialisme!

Nous informerons prochainement des activités que nous organiserons dans le cadre de notre centenaire.

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